Un geste délibéré, pas une métaphore
En français comme dans les langues orthodoxes de tradition (grec, slavon, russe, serbe), on dit écrire une icône. Ce n'est pas une figure de style, ni une façon de parler: c'est un choix théologique fort.
Peindre suggère la création, l'invention, l'expression personnelle. Écrire suggère la transmission, la copie fidèle, la transcription. L'iconographe n'est pas un artiste qui exprime sa vision: il est un scribe de l'image sacrée, qui reproduit fidèlement une tradition reçue.
Le parallèle avec les Évangiles
La tradition orthodoxe établit un parallèle explicite entre l'Évangile (la Bonne Nouvelle en mots) et l'icône (la Bonne Nouvelle en images). L'évangéliste écrit; l'iconographe aussi. Les deux témoignent du même mystère, dans deux langages différents.
C'est pourquoi, dans les manuels iconographiques (podlinniki), les instructions pour réaliser une icône emploient systématiquement le terme écrire. Le geste est liturgique avant d'être technique.
Une pratique contemplative
L'écriture d'une icône suppose un état intérieur particulier: recueillement, prière, jeûne dans certaines traditions. L'iconographe ne peut pas travailler dans l'impatience ou dans le désordre intérieur. L'œuvre est la trace d'un état de prière autant qu'un travail artisanal.
Découvrez les étapes techniques de cette pratique dans notre guide de l'écriture d'icônes.