La légende d'Édesse
Selon la tradition chrétienne orientale, le roi Abgar V d'Édesse (actuelle Urfa, en Turquie) était atteint d'une maladie grave. Ayant entendu parler des guérisons opérées par Jésus, il lui envoya un messager porteur d'une lettre l'invitant à venir le guérir ou, à défaut, à se laisser représenter. Jésus, ne pouvant se déplacer, aurait pressé un linge contre son visage, y laissant son empreinte miraculeuse. Ce linge, envoyé à Abgar, l'aurait instantanément guéri.
Cette image, appelée Mandylion (du grec ou de l'araméen, désignant un linge ou un voile), est traditionnellement considérée comme le premier portrait du Christ et la première icône de l'histoire.
Une image acheiropoiète
Le mot acheiropoiète (?) signifie en grec « non fait de main d'homme ». Le Mandylion appartient à cette catégorie d'images miraculeuses, comme le Saint-Suaire de Turin ou la Véronique en Occident, dont la tradition dit qu'elles ne sont pas le fruit d'un travail humain mais d'une intervention divine.
Théologiquement, le Mandylion fonde la légitimité de toute représentation du Christ: si Dieu lui-même a permis que son visage soit « imprimé » sur un tissu, alors l'humanité est autorisée, voire invitée, à le représenter.
Influence sur l'iconographie du Christ
L'image du Mandylion a profondément influencé les représentations canoniques du visage du Christ en Orient: visage de face, barbu, aux traits sombres et expressifs, regard intense. Le Mandylion de Laon (XIIe s.), conservé en France, est l'une des copies les plus célèbres de cette tradition iconographique.
Pour comprendre les autres symboles christiques, consultez notre guide des symboles dans les icônes.